Education, Histoire

Victorine Le Dieu de La Ruaudière

31 août, 2005 à 7:12 | Posté par

Victorine Le Dieu de La Ruaudière est née le 22 mai 1809 à Avranches. Elle appartient à une des classes les plus distinguées de la ville. Elle a reçu une très bonne éducation aux points de vue intellectuel, moral et religieux.

Elle conjure ses parents de la laisser suivre sa voie. Elle envisage d’abord le carmel, mais ce projet est abandonné par la suite. Le 27 mai 1836, elle entre au couvent de Sainte-Clothilde à Paris. Le 2 juillet 1836, Victorine Le Dieu revêt l’habit religieux. Aucun membre de sa famille n’y assiste.

Le lendemain, elle tombe gravement malade à tel point qu’on lui administre les derniers sacrements. Apprenant cette nouvelle, son père, qui, après l’avoir maudite le jour de son départ au couvent, lui envoie sa bénédiction et le réconfort de sa maman.

Elle se rétablit assez rapidement; sa maman repart. Malheureusement, le jour de son retour, celle-ci meurt subitement. Devant une telle douleur, la Supérieure de Sainte-Clothilde ordonne à Victorine de se rendre auprès de son père où elle continue sa vie religieuse et commence son œuvre.

A nouveau, sa santé se dégrade; les médecins lui conseillent l’air natal et elle du quitter, avec beaucoup de tristesse, l’habit de religieuse.

Sous la direction de l’Evêque de Coutance, Monseigneur Robiou, elle participe aux différents œuvres de Diocèse. Ensuite, elle songe à retourner à Sainte-Clothilde; son directeur l’en dissuade et l’engage à reprendre l’œuvre commencée à la maison paternelle. Cette décision lui fut conseillée également par le curé d’Ars et le Bienheureux Eymard, fondateur des pères du Sacrement.

De la maison paternelle, elle part pour le Mont Saint-Michel où l’on y adjoignit un orphelinat. Huit mois passèrent, mois de souffrances, d’injustices, de persécutions et contradictions de toutes sortes.

A la suite de certaines circonstances, la petite colonie dut être transférée à Saint-Maximin. Là, encore des épreuves douloureuses l’attendaient: plus aucune ressource, dettes, vente des derniers biens. Mais cela n’est pas suffisant pour régler ses problèmes; elle décide d’aller à Paris demander de l’aide: les portes se ferment.

Pendant son séjour à Paris, elle reçoit une mise en demeure de verser immédiatement, sous peine de poursuites, 4 000 francs restant à payer sur la maison de Saint-Maximin. Sans pitié et sans autre forme de procès, le mobilier fut saisi et vendu, y compris les ornements liturgiques religieux, garnitures de l’autel. Elle est réduite à vivre comme une mendiante manquant même d’un morceau de pain. Ce calvaire dura trois ans ; elle avait soixante cinq ans.

Le ciel allait peut-être devenir plus clément grâce à une dame charitable d’Aulnay (dont nous ignorons le nom) qui voulait consacrer la majeure partie de sa fortune à la création d’un orphelinat.

Le 1er octobre 1874, Victorine Le Dieu arrive à Aulnay avec ses deux fidèles et trois enfants recueillis dans les rues de Paris. Elle s’installe rue de Sevran, maison qui sera occupée plus tard par M. Gainville (l’actuel Parc des cygnes). Assez rapidement, cette maison devient insuffisante.

Le Marquis de Gourgues met l’orangerie du château à leur disposition. Mais là encore, cela s’avère trop petit. Les terres du Marquis de Gourgues s’étendent jusqu’à Savigny. Sur le ruisseau du Sausset, il y avait une ferme et un moulin. Le Marquis de Gourgue vend le tout pour la somme conéquente de 15 000 francs.

Le gouvernement autorise une quête à Paris qui rapporte 1 500 francs plus une loterie à 8 500 francs (acompte versé au vendeur). Pour le reste, on s’en remet au père des orphelins. L’orphelinat coule des jours heureux. Hélas, il allait être le témoin de faits douloureux. Sœur Marie-Joseph sera obligée de partir et déposer l’habit religieux.

En dépit de toutes ces persécutions, elle ne désespère pas. Agée de 71 ans, elle se met en route pour Rome où elle va pouvoir, enfin, établir son œuvre dont le but était de recueillir les enfants délaissés. L’œuvre commencée fut l’objet d’éloges, d’encouragements enthousiastes et rencontre la faveur de tous. Elle décèdera à Rome le 26 octobre 1884.

Jérôme Charré

PS: Cette note est adaptée d’un article de S. Ogez.

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Une Réponse à “Victorine Le Dieu de La Ruaudière”

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EL MOUCHIR ABDELAZIZ | 1 février, 2009 à 0 h 50 min

La paix et le salut soit sur vous, mes fréres et soeurs en Dieu. Cette article que je viens de lire ma fait chaud au coeur. Soeur Victorine le Dieu, et une Femme que l’on fait plus de nos jours, et c’est bien dommage ! Que Dieu accord cette faveur a mes yeux, de voir cette merveille de vertueusitée et de piètée. Et tout en beauté. « que Dieu me pardonné mes paroles » mais c’est ce que le moment m’inspire. Donc je me dis que c’est Dieu qui agit, moi je ne suis qu’une preuve et un témoin par et pour Dieu.
Que Dieu vous bénisse et vous garde dans la paix du Christe
Je souhaiterai s’il vous plait visité votre Protéctorat. Et je béni ma ville d’Aulnay et ces Habitants par l’Eternel Dieu. Amene

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