
Depuis le dernier conseil municipal, le bout du tunnel dans le dossier dramatique de l'ancienne usine d'amiante du CMMP est probablement enfin en vue. Mais pour voir aboutir 14 ans de combat, les associations n'ont semblent-ils pas le choix que d'avaler une grosse couleuvre, ou plutôt un boa.
En effet, dans l'accord qui pourrait se profiler, le pollueur s'en tirerait à bon compte. Mais vu l'état de l'usine, et la guerilla judiciaire qui englue le dossier, il était urgent de trouver une solution rapide de dépollution sous bulle du site. Avec cette solution, les Aulnaysiens, devront donc mettre la main au portefeuille afin d'éliminer au plus vite de cette verrue en plein centre-ville qui à la moindre tempête peut générer une nouvelle catastrophe sanitaire. Là est tout le choix difficile que doivent faire les associations et les Aulnaysiens et c'est la raison de cette rencontre-débat qui aura lieu:
Vendredi 23 janvier à 20h à l'école de musique, 12 rue de Sevran à Aulnay-sous-Bois, avec projection du film inédit: "Officiellement, il n'y a pas de danger" de Frédéric Lebrun.
Dans cette rencontre débat, seront présents en plus des élus:
- Gérard Voide (président du collectif des riverains et victimes de l'usine d'amiante),
- Catherine Tatri-Lerat (responsable des parents d'élèves de l'école du Bourg)
- Jean-Pierre Potot (président Aulnay Environnement)
- Nicole Voide (trésorère Ban Asbestos France)
- Alain Bobbio (président Addeva 93)
- Maître François Lafforgue (avocat des familles victimes de l'amiante)
- Jean-Pierre Beckmann (architecte de la SEM PACT)
- Hubert Isnard (directeur de la cellule interrégionale d'épidémiologie d'Île-de-France).
Pour aller plus loin:
- Vous pouvez visionner le film présenté par les associations qui résume la situation en 5 minutes.
- Vous pouvez comprendre le dossier du CMMP en lisant les articles de la rubrique amiante sur MonAulnay.com.
Vous pouvez aussi comprendre l'enlisement dans lequel le dossier était entré en prenant connaissance des 23 études qui ont été faites sur cette usine du 107 rue de Mitry depuis 1997 (source Ban Asbestos):
- Juin 1997 – par EEC, recherche d’amiante dans le sol (pas d’amiante trouvé !)
- Novembre 1999 – recherche d’amiante par Qualiconsult à la demande du propriétaire PHE (pas d’amiante trouvé !)
- Octobre/Novembre 1999 – par ICF Environnement, recherche des traces de fuel et d’huile pyralène (résultat négatif). Cette étude fait suite à la demande du STIIIC qui ne demande pas de recherche
- d’amiante puisque le CMMP prétendait qu’il n’avait pas fabriqué d’amiante après la guerre.
- Septembre 2000 – par CAP Environnement, mesuresd’empoussièrement dans l’air dans l’école et le cimetière à la demande du Maire (résultat négatif).
- Novembre 2000 – par ICF Environnement, étude du sol suite à l’arrêté préfectoral (qui fait suite à l’acceptation de la plainte en justice de la famille Léonard/Voide) : 5 carottages du sol dont 1
- contient de l’amiante et présence de zircon.
- Juillet 2001 – IRSN, par IRH Environnement à la demande du CMMP. Résultat : 4 prélèvements hors sol sur 7 contiennent de l’amiante.
- Février 2002 – par Alcade, relevé de radio-activité hors sol, la terre est souillée au zircon, nécessité de décontamination zircon et amiante.
- Mars 2004 – l’étude CDB (Mr D.Bisson) à la demande du nouveau propriétaire qui veut démolir, conclut qu’il y a de l’amiante partout (66 prélèvements contiennent de l’amiante sur 103), nécessité de mesures conservatoires immédiates en attendant les travaux par une mise sous cocon qui ne sera jamais faite. La totalité des travaux est évaluée à 2 millions d’euros dont 900 000 euros pour la bulle extérieure.
- Juin 2004 – suite à l’arrêté en péril du Maire, étude de l’expert Baréa qui confirme les conclusions de Monsieur Bisson : travaux avant la fin 2004 et mise sous bulle.
- Août 2004 – A la demande du nouveau propriétaire, expertise de Mr Biseau qui conclut que l’amiante est en quantité infinitésimale, aucun danger, démolition classique.
- Février 2005 – à la demande du Maire, mesures d’empoussièrement dans l’air dans l’école (résultat négatif).
- Juin 2005 – Etude Cotéba, aspiration à sec de l’intérieur de l’atelier d’amiante et démolition à ciel ouvert.
- Décembre 2005 – étude Véritas dans l’ancien atelier d’amiante (résultats : jusqu’à 1 900 000 fibres par cm2).
- Septembre 2006 - mesures d’empoussièrement dans l’air, étude LEPI (résultats négatifs)
- Septembre à Décembre 2006 – 3 études Véritas de mesures d’empoussièrement dans l’air (résultats négatifs)
- Octobre 2006 – étude BJL, concentration de fibres d’amiante dans l’air dans les capteurs portés par les ouvriers débroussaillant la cour de l’usine : 45 fibres par litre d’air (norme officielle 5 fibres). L’inspecteur du travail alerté par les associations fait arrêter le chantier. Le terrain est incontestablement amiantifère.
- Novembre 2006 – étude Véritas dans les autres bâtiments : il y a encore plus d’amiante que dans l’ancien atelier d’amiante (jusqu’à 5 684 106 fibres au cm2 dans l’atelier Matec).
- Novembre 2006 – étude BRGM, sans aucun dossier essentiel, conclut à la démolition à ciel ouvert !
- Novembre 2006 – à la suite de l’arrêt du chantier, Cotéba fait procéder à 70 prélèvements dans le sol pour rechercher l’amiante. Les résultats n’ont pas été transmis ni aux experts nommés par le Tribunal Administratif de Cergy Pontoise, ni aux associations. Le jugement a été rendu le 4 Juillet 2007 sans ces résultats.
- Février 2007 – Rapport d’expertise judiciaire de Messieurs Biseau (l’expert qui en 2004 ne voyait que de l’amiante en quantité infinitésimale) et Karleskind, à la demande du Tribunal Administratif de Cergy Pontoise qui conclut : - tous les bâtiments sont pollués à l’amiante, - la pollution provient essentiellement de l’activité de broyage du CMMP, - l’amiante contenu dans les poussières est de la crocidolite (amiante bleu, variété la plus toxique), - les quantité de poussières dépassent de 100 000 fois lanorme si elles se trouvent en suspension dans l’air !
- Décembre 2007 – Etude de santé publique autour du CMMP par la CIRE (cellule interrégionale d’épidémiologie) et sous l’égide de l’InVS (institut national de veille sanitaire). Etude obtenue après des années de sollicitation des associations qui on fourni la quasi-totalité des dossiers de victimes et un grande partie de la documentation sur l’histoire de la pollution de l’usine. L’intégralité de l’étude et une synthèse sont consultables dans le site : http://www.ban-asbestosfrance.com et dans celui d’Andéva.
Hervé Suaudeau





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