
Manifestation du groupuscule Forsane Alizza le 6 août 2011 où j’ai rencontré Alexia. Au centre son leader, Mohamed Achamlane. Depuis 2015, il est en détention pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste. - Agnès De Féo (The Conversation)
The Conversation a rencontré deux femmes qui ont décidé de ne plus porter le niqab. L'une d'elle est aunaysienne. Extrait de l'article d'Agnès De Féo, publié sur The Conversation :
Alexia (pseudonymes), née en France s’est convertie à 22 ans. Le 10 janvier dernier, premiers jours des soldes, Alexia me donne rendez-vous à la gare du Nord, à Paris. Elle veut s’acheter des vêtements. Elle dit vouloir « recommencer à vivre ». Dans une première enseigne, elle s’achète quatre pantalons slims et un blouson serré. Elle cherche ensuite des vêtements indiens. Non pas les classiques de Bollywood en vente dans les boutiques tamoules de la rue du Faubourg-Saint-Denis et dont les salafistes sont friandes – l’exubérance pailletée et colorée contraste en privé avec l’austérité du niqab en public –, mais de la mode ethnique fabriquée au Népal pour le goût occidental...Alors qu’elle se rhabille, je suis impressionnée par sa métamorphose. Difficile d’imaginer qu’Alexia est restée cinq ans sous le niqab. Elle était l’une des femmes les plus radicales que j’ai jamais rencontrées... Je l’avais rencontrée le 6 août 2011 dans le cadre de mes recherches sur le voile intégral lors d’une manifestation du groupe salafiste revendicatif Forsane Alizza (littéralement Cavaliers de la fierté) à Aulnay-sous-Bois, en banlieue parisienne...Elle était entièrement couverte sous le niqab et se présentait comme l’épouse d’un des leaders du groupe. Alexia se souvient de cette époque : « Nous considérions tous les musulmans républicains comme des mécréants. Nous faisions le takfir (excommunication) contre ceux qui ne pratiquaient pas comme nous. Nous étions opposés au taghout, l’[idolâtrie ici au sens large, ndlr], c’est-à-dire à l’État et aux institutions. Nous étions dans l’exagération, nous nous définissions comme ghûlat, qui signifie extrémiste en arabe. »...Alexia est même devenue une farouche détractrice du voile et du salafisme. Elle continue à se définir comme musulmane mais avec une lecture critique des textes...Alexia considère a posteriori que cette période lui a fait perdre des années de sa vie et manifeste sa colère contre les publications et la propagande d’Arabie saoudite...
Même si elle s’oppose aujourd’hui au niqab, Alexia ne soutient pas la loi d’interdiction de 2010, une loi qui a poussé certaines femmes à se couper de la société et même « à le porter en signe de révolte ».
[MAJ à 18h45, correction de l'erreur d'attribution du journal d'où provient cet article, toutes nos excuses aux auteurs]




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