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Fin de la grève chez PSA

11 avril, 2007 à 9:49 | Posté par

Les grévistes de PSA Peugeot Citroën d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) ont voté mardi en assemblée générale la fin de leur mouvement entamé le 28 février et signé un protocole d’accord de fin de conflit, a-t-on appris mardi auprès des syndicats et de la direction. Les 400 ouvriers en grève depuis six semaines dans cette usine de 4.500 ouvriers, au nord-est de Paris, avaient reçu depuis le début du conflit le soutien de plusieurs candidats de gauche à l’élection présidentielle: Olivier Besancenot (LCR), Arlette Laguiller (LO), l’altermondialiste José Bové et Ségolène Royal (PS). Mardi après-midi, les 200 grévistes de PSA Aulnay présents à l’assemblée générale ont "à l’unanimité" décidé de "demander aux organisations syndicales qui soutenaient la grève de signer le protocole de fin de conflit et de suspendre la grève à partir du 11 avril au matin", indique la CGT dans un communiqué. Le protocole d’accord a ensuite été signé en fin d’après-midi par la CGT et la CFDT, selon la direction et la CGT. Le syndicat Sud n’en a signé qu’une partie, selon la CGT. Il n’accorde aucune augmentation salariale aux ouvriers en grève, qui revendiquaient notamment 300 euros de hausse de salaire et un salaire minimum d’embauche de 1.525 euros nets. La direction a toujours affirmé qu’elle ne renégocierait pas les salaires après l’accord salarial annuel signé le 28 février à Paris et qui prévoyait une hausse générale de 1,6%. Le protocole prévoit une baisse de 50% du coût des transports privés par cars acheminant sur le site les salariés, et l’amélioration et la réduction à deux euros du prix du plat servi à la cantine de l’usine. Il entérine le versement d’une prime exceptionnelle "de cohésion sociale", selon la direction, de "fin de grève" selon la CGT, de 125 euros pour tous les salariés, grévistes ou non. Le texte d’accord fixe également le paiement de deux jours de grève, correspondant au temps de négociation passé, et le maintien des droits à congés payés pour trois autres jours. Le protocole prévoit également de limiter le nombre de samedi travaillés à onze jours dans l’année. "Quand il y a conflit, il n’y a jamais de gagnants. L’important, aujourd’hui, c’est que tous les salariés d’Aulnay travaillent rapidement dans la cohésion, et que les problèmes de conditions de vie et de travail, qui ont émergé à l’occasion de ce conflit, soient rapidement réglés", a réagi dans un communiqué Jean-Luc Vergne, directeur des Ressources humaines du groupe PSA. "La direction n’a rien cédé sur nos revendications principales, mais ce n’est que partie remise", a commenté pour l’AFP Philippe Julien, délégué CGT du site et figure de la grève, estimant que les grévistes ont "gagné une première manche en menant six semaines de grève dans des conditions particulièrement difficiles". Il a dénoncé "le cynisme" régnant chez PSA "où il faut faire six semaines de grève pour obtenir la satisfaction de revendications basiques et permanentes des délégués du personnel", alors que "cette entreprise qui se porte bien surexploite ses ouvriers et les fait travailler dans des conditions déplorables". Les grévistes ont décidé de maintenir le concert de soutien prévu samedi dans un gymnase de Bobigny. Les bénéfices du concert, où sont attendus entre autres Idir et Papa Wemba, iront nourrir le fonds de soutien aux grévistes qui a dépassé 120.000 euros, dont une grosse partie a déjà été distribuée.

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