Politique - Elections, Régionales 2010

Un chèque de 6500€ pour être candidat UMP

22 juillet, 2010 à 16:34 | Posté par

D’après un article du Monde daté du 21 juillet 2010, les candidats à la régionale sur la liste UMP ont du faire un chèque de 6500€ au miniparti de Valérie Pecresse pour être sur la liste en position éligible. Le chèque n’était encaissé que si la personne était élue.

A Aulnay trois personnes étaient candiates sur la liste UMP:

  • n°11 — Alain Rama­dier (UMP), conseiller régio­nal sor­tant, conseiller muni­ci­pal d’Aulnay-sous-Bois, ancien adjoint au sport et à la jeu­nesse.
  • n°21 — Oli­vier Brus­son, can­di­dat MoDem à la can­to­nale Sud de 2008, direc­teur de mis­sions et membre du comité de direc­tion d’une grande société d’assurance
  • n°23 — Franck Can­na­rozzo (UMP), conseiller muni­ci­pal d’Aulnay-sous-Bois, ancien adjoint à la sécu­rité et l’environnement, diri­geant local de l’UMP (blog per­son­nel).

Franck Cannarozzo, que nous avons eu au téléphone (facilement, il faut le reconnaitre) ne dément pas l’information mais précise qu’il n’a pas eu à faire ce chèque car il a été sollicité pour être sur la liste en position inéligible. Il n’est pas sûr de l’ordre du chèque qu’auraient éventuellement dû faire ses colistiers mais Le Monde précise que les chèques auraient été établis à « Changer, c’est possible« , le miniparti fondé fin 2008 par la ministre de la recherche.

Ces chèques établis à un miniparti, outre qu’ils dévoilent une manière de fiancer la politique, entrent en pleine résonance avec les affaires de financement de partis révélés par l’affaire Woerth-Béttancourt où les plafonds de don des personnes physiques ont pu être contournés grâce à une augmentation du nombre des partis politiques (de 28 à presque 300 en 20 ans). En théorie il n’est pas possible de donner plus de 7500€ à un parti, sauf à verser autant à chaque miniparti proche du parti principal.

Franck Cannarozzo explique que le fait de faire un chèque est « tout à fait normal » et que la création d’une association est une opportunité « intéressante » qui permet de financer des actions hors période électorale.

Voici un extrait de l’article en question:

C’était juste avant la clôture des listes pour les régionales de mars 2010. Les candidats de la liste UMP en Ile-de-France conduite par Valérie Pécresse sont invités à faire la photo de famille traditionnelle… et à apporter un chèque de 6 500 euros. Pour financer la campagne électorale.

Curieusement, le chèque n’est pas à libeller à l’AFCVP, l’Association pour le financement de la campagne de Valérie Pécresse, comme y sont invités les militants-donateurs. Non, il faut faire un chèque au nom de « Changer, c’est possible », le miniparti fondé fin 2008 par la ministre de la recherche.

« On a découvert qu’il fallait financer le parti personnel de Valérie Pécresse », peste un poids lourd de l’UMP, qui dénonce une « taxe sur l’investiture ». « On a tous fait un chèque, sinon on ne pouvait pas être candidat », raconte un jeune candidat, qui parle de « matraquage ».

Lire la suite de l’article sur le site du Monde

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7 Réponses à “Un chèque de 6500€ pour être candidat UMP”

Dans un article du Nouvel Obs publié hier (http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/politique/20100720.OBS7413/les-micro-partis-politiques-en-quinze-questions.html), on pouvait lire que selon Hamon (porte-parole du PS), l’UMP a bien plus versé aux mini-partis qu’il n’a reçu de subvention de leur part : 180.000€ reçus par l’UMP de la part de ces mini-partis, contre 2.2 Mn d’€ qui leur ont été reversés par l’UMP.

Régis Juanico, le trésorier du PS, explique que l’UMP se sert de ces mini-partis pour étendre sa sphère d’influence.

Après tout, Royal, la rivale de Sarkozy en 2007, faisait financer les locaux du mini-parti Désirs d’avenir mais aussi l’assoc politique Les amis de Ségolène Royal par le milliardaire Pierre Bergé sans que cela ne choque le PS…

Et si l’on observe ce qu’il se passe Outre-Atlantique, alors que se félicitaient en France nos politiques, Obama était élu grâce notamment au formidable trésor de guerre amassé sur la base des grasses subventions versées par Wall Street (dont une tristement célèbre banque nommée Goldman Sachs..), Hollywood, Microsoft etc.

Même l’ambassadeur US en France, Charles Rivkin qui raccole pas mal dans le 93 les jeunes des cités, doit son poste au fait qu’il a été un généreux donateur envers Obama…

Personne, en France ne s’est offusqué de ce rapport étroit entre l’argent et le pouvoir.

D’un point de vue démocratique, ce lien argent-pouvoir n’est évidemment pas souhaitable.

En revanche, les hurlements actuels du PS sont quand même bien hypocrites; c’est oublier l’épisode Tapie ou encore DSK qui dû démissionner en 1999 à la suite de plusieurs affaires de corruption impliquant le PS – et pour lesquelles il fut blanchi.
Ou encore les liens Royal-Bergé, les problèmes judiciaires de mauroy ou de l’ex-vice présidente PS de la Région PACA.

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Eh oui, certains devraient commencer par nettoyer leurs propres écuries, plutôt que de s’occuper de celles des autres……

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jean-marc engelvin | 23 juillet, 2010 à 9 h 21 min

Bonjour,

Il faut bien différencier les « mini-partis » des associations de soutien politique. Les dons aux partis ouvrent le droit à une réduction de l’Impôt sur le Revenu de 66% du montant des dons de personnes physiques, limités à 7500€ annuels par parti, tandis que les dons aux associations n’offrent pas cette possibilité.
source: http://vosdroits.service-public.fr/F427.xhtml

Une personne physique peut donc chaque année signer des chèques de 7500 € à autant de partis qu’elle le souhaite et voir son impôt sur le revenu réduit de 66% du total des dons, dans la limite de 20% du revenu imposable.

Les mini-partis, qui semblent avoir proliféré ces dernières années, apparaissent comme des moyens de contournement de la loi sur le financement des partis politiques. Ce contournement est financé par nous tous puisque la réduction de l’IR se traduit par des rentrées fiscales moindres.

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Le fait de passer par des « associations » type loi 1901 n’est-il pas, également, un moyen de contourner la loi puisque les dons versés aux assoc ne sont eux pas plafonnés (seules les déductions d’impôts le sont)…

Bref il suffirait que tous les mini-partis changent leurs statuts et deviennent des assoc de loi 1901, en s’inspirant de Désirs d’avenir/Les amis de Ségolène Royal, pour échapper finalement aux contrôles….

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frank cannarozzo | 25 juillet, 2010 à 9 h 47 min

attention aux mélanges, comme je l’ai dit à Hervé:

il n’y a rien de choquant à ce que tel ou tel crée son propre parti, c’est la liberté « d’association ». et il n’est pas anormal de faire appel aux dons, puisque personne n’est obligé d’y souscrire.

on dit souvent des hommes politiques qu’on ne les « voit » et « entend » qu’aux moment des dés élections. faire financer sa campagne électorale par des dons ne permet de ne se faire « entendre » au mieux qu’un an, les comptes étant cloturés à la fin de la campagne.

creer son propre parti permet à l’inverse d’assurer des actions, donc de se faire « voir » et « entendre » en dehors de la période électorale. cela ne me semble donc pas une mauvaise chose.

enfin à moins que l’argent collecté par les petits partis reviennne aux « grands » qui par ce biais en récolteraient plus pour leurs actions et non celles des petits en question, cela n’est pas un contournement. à l’inverse si cela finance les « grands » alors cela serait un contournement de la loi.

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olivier brusson | 1 août, 2010 à 11 h 36 min

en l’occurrence, le financement évoqué ne correspondait pas à des dons: les candidats en position éligible participaient aux frais de campagne par une avance personnelle qui leur était remboursée en cas de succès électoral. c’est la raison pour laquelle les candidat (es) en position non éligible, dont je faisais partie, n’ont pas eu à faire cette avance. Ceci correspond au mode de financement traditionnel des campagnes électorales:la plupart des candidats aux élections doivent se financer, le plus souvent par un emprunt, remboursé par l’état si le score de 5 % des suffrages exprimés est atteint.
Cordialement Olivier Brusson, Nouveau Centre

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En les souhaitant les plus honnêtes possibles, il faut bien à droite, gauche ou au centre, des modes de financement de la vie politique.
La seule question est au final, quid si on est un citoyen… sans le sous ?
Autrement dit, y-a-t-il une démocratie pour les pauvres ?

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