Agenda, Economie

Le microcrédit, un mode de financement alternatif pour les créateurs d’entreprises

1 juin, 2010 à 5:42 | Posté par

Du 1er au 5 juin, retrouvez les permanents, bénévoles et entrepreneurs soutenus par l’Association pour le Droit à l’Initiative Economique pour la 6e édition de la Semaine du Microcrédit(c).

Selon un sondage réalisé par l’IFOP pour l’Adie et le Crédit Immobilier de France en mars 2006, plus d’une personne sur quatre issu des quartiers souhaite créer son entreprise. Ces résultats traduisent à la fois la difficulté de trouver un travail salarié et le dynamisme de la population des quartiers, la plus jeune de France. Ils rejoignent l’analyse de l’Adie qui évalue le nombre potentiel de créateurs d’entreprise dans les quartiers à 10% de la population active.

L’Adie, pour les exclus du système bancaire classique

Par vocation, l’Adie s’adresse aux demandeurs d’emploi, aux travailleurs indépendants et aux salariés précaires exclus du système bancaire classique qui souhaitent créer ou développer leur activité.

Dès sa création en 1989, l’Adie a été présente dans les quartiers défavorisés. C’est en Seine-Saint-Denis qu’elle a démarré son activité. L’Adie y compte aujourd’hui 38 antennes permanentes, soit 29% des antennes de l’association, et une quarantaine de points d’accueil réguliers. Son antenne aulnaysienne est située au 90, avenue Anatole France.

Depuis le démarrage de son action dans les quartiers, l’Adie a généré la création de plus de 8 800 entreprises et de près de 9 680 emplois. En huit ans, depuis l’extension des actions à l’ensemble du territoire national, le nombre de microcrédits accordés a été multiplié par cinq.
Les créations d’entreprise dans les quartiers se situent pour la plupart dans le secteur du commerce et des services. Leur taux de pérennité est du même ordre que la moyenne nationale : 65% au bout de deux ans.

L’Adie intensifie son action dans les quartiers sensibles en respectant les points-clés de son approche : information et conseils proposés au plus près des créateurs potentiels, accès facile et rapide au crédit, accompagnement étalé dans la durée sur tous les aspects de la vie de l’entreprise. Elle s’appuie sur son réseau de partenaires : État, collectivités territoriales, associations de lutte contre l’exclusion, banques, financeurs fortement désireux d’apporter leur concours à une action citoyenne… et bien entendu sur ses permanents et bénévoles spécialement formés à une intervention sur ces territoires. Avec le microcrédit, l’Adie souhaite mettre le développement économique et l’emploi dans les quartiers au cœur de son action.

La Semaine du Microcrédit 2010, du 1er au 5 juin 2010

Durant les 5 jours de la Semaine du Microcrédit, l’Adie va à la rencontre de tous ceux intéressés par le microcrédit et la création d’entreprise. Les forums vous permettront de vous renseigner sur le microcrédit et la création d’entreprise, de présenter votre projet et de discuter de sa réalisation avec des entrepreneurs soutenus par l’Adie. Un diagnostic sera proposé sur place aux porteurs de projet, qui seront orientés vers un des services de l’association en fonction de l’avancement de leur projet.

Que vous soyez simplement intéressé par le microcrédit, que vous ayez envie de vous engager auprès de l’Adie en tant que bénévole ou que vous soyez porteur d’un projet, les équipes de l’Adie vous accueilleront.

Voici les rendez-vous aulnaysiens de la Semaine du Microcrédit 2010:

  • 1er et 2 juin (10h-18h) : Place Général de Gaulle
  • 3 juin (10h-18h) : Marché du boulevard de Strasbourg
  • 4 juin (10h-17h) : Marché de la rose des vents.

Jean-Marc Engelvin

5 Réponses à “Le microcrédit, un mode de financement alternatif pour les créateurs d’entreprises”

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Nicolas Premoselli | 1 juin, 2010 à 15 h 47 min

près de 15% d’intérêts, quelle belle arnaque. A ce sujet je vous conseille d’écouter une émission de « Là-bas si j’y suis » diffusée le 3 mai sur France Inter consacrée à cette association:
http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=1921

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jean-marc engelvin | 2 juin, 2010 à 9 h 27 min

Bonjour Nicolas,

J’apprécie souvent le son de cloche de l’émission « Là-bas si j’y suis » qui détonne par rapport au concert médiatique drapé dans son manteau de neutralité et d’objectivité. Même si l’on n’est pas d’accord avec tout ce que l’on y entend, l’écoute cette émission, diffusée du lundi au vendredi de 15h à 16h par France Inter est donc à recommander.

N’étant pas -ou pas encore- converti au podcast d’émissions de radio, je n’ai pas écouté l’émission du 3 mai 2010 citée et pointée par votre commentaire. J’ai, en revanche, lu les commentaires des auditeurs, dont ceux de salariés ou bénévoles de l’Adie, parfois critiques sur l’association. Ils font cependant apparaître que l’Adie n’offrirait pas de rémunérations royales à ces salariés et devrait même faire face à des difficultés financières en raison d’une baisse des aides publiques dont elle bénéfice.

L’action de l’Adie ne se cantonne au rôle de prêteur. L’association offre des conseils et un accompagnement des créateurs d’entreprise. Le taux de pérennité des entreprises soutenues par l’Adie, équivalent à la moyenne nationale, pour des projets refusés par les circuits de financement classiques, ne valide-t-il pas l’action de l’Adie? L’association ne me semble donc pas mériter l’opprobre que les abus des milieux financiers « classiques » suscitent en ce moment.

Cela ne nous exonère pas de rester vigilants sur l’information économique et de chercher à corriger les dérives politiques et économique de ces dernières décennies.

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Nicolas Premoselli | 3 juin, 2010 à 15 h 04 min

Bonjour,

Je n’en ai pas spécialement après cette association, qui effectivement valide des projets qui sont refusés par les autres organismes préteurs. C’est d’ailleurs ce « dysfonctionnement » des autres banques qui est justement le plus scandaleux, ces dernières préférant chercher des rendements maximum avec des produits financiers genre subprimes (on a vu où ça menait…), plutôt que de prêter à la personne qui monte ça boîte. Car la personne qui veut monter un projet et qui n’a pas un rond n’a que cette solution d’emprunter à 15%. Pour la personne dont le projet marche, ça peut encore aller. Mais pour la personne dont le projet ne marche pas, on l’enfonce encore un peu plus…
D’ailleurs, ne nous y trompons pas, ces systèmes de micro-crédit, mais aussi et surtout de statut d’auto-entrepreneur, sous couvert de leviers sociaux, sont en vérité la mise en application du libéralisme dans sa version la plus dure. Ce que cela cache c’est un dézingage en bonne et due forme du code du travail, à terme…

PS – Petit truc technique pour écouter l’émission sans avoir à la podcaster: cliquez sur « Télécharger en mp3, ogg ou real » puis cliquez droit et « enregistrer la cible sous » sur le format d’écoute que vous souhaiter. Une fois le fichier téléchargé, bonne écoute!

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François Siebecke | 4 juin, 2010 à 18 h 12 min

Bonjour Jean-Marc et Nicolas,

J’ai écouté la fin de l’émission Là-bas si j’y suis du 3 mai. Si la ligne éditoriale de cette émission rejoint les commentaires de Nicolas, je ne me souviens pas que la conclusion de l’émission par Jean-Michel Servet (spécialiste de la question) condamne à ce point le micro-crédit.
Je crois que l’intérêt du micro-crédit est de soutenir d’autres formes d’économie plus solidaires car familiales, féminines ou locales.
Ces formes d’économies permettent aux exclus du marché de créer de l’activité économique parfois vitale, toujours humaine. Elles prouvent que l’économie est plurielle et remet en cause l’unicité du marché.
On peut craindre en effet que cela remette en cause le code du travail mais l’impact négatif du micro-crédit sur les acquis sociaux est à démontrer sinon à relativiser comme vous le dites tous les deux.
Même si le microcrédit est un risque, c’est aussi un des moyens qui peut nous aider sortir de la crise du capitalisme que nous connaissons en réaffirmant le principe de solidarité.

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Jean-Marc Engelvin | 5 juin, 2010 à 10 h 47 min

Bonjour Nicolas et François,

Je ne vois pas de quelle manière le microcrédit pourrait contribuer au « dézingage en bonne et due forme du code du travail » ou à une « remise en cause du droit du travail ».

L’amalgame avec le statut d’autoentrepreneur ne me paraît pas justifié. Ce statut met surtout en danger les artisans avec qui les autoentrepreneurs entrent en concurrence et peut-être aussi les consommateurs qui ne bénéficient peut-être pas des mêmes garanties de la part d’un autoentrepreneur. Certes, les microentrepreneurs en échecs doivent faire face à des difficultés financières, mais sont-ils moins bien traités par des associations telles que l’Adie que par les acteurs financiers classiques?

Enfin, le risque est non seulement inhérent à toute activité économique, mais il fait aussi partie de la vie. On peut souhaiter que la collectivité en limite les conséquences, mais chercher à éliminer tous les risques conduit à la paralysie.

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