Amiante

Les tops et les flops du chantier du CMMP

4 septembre, 2009 à 1:07 | Posté par
DemolitionPavillonPoseChape

Après la démolition du pavillon mitoyen (dont le peu d'amiante a été enlevé), une chape de béton est préparée sur une bâche protégeant le sol (photos du 1er et 2 septembre).

Comme vous le savez, les jours sont comptés pour l’usine-poison du CMMP qui est responsable d’une centaine de victimes officiellement reconnues (et probablement beaucoup plus dans la réalité). Le chantier a été inauguré il y a déjà plus de quatre mois (article ici) et cette rentrée nous donne l’occasion de dresser un bilan des raisons d’être satisfait et celles d’être mécontent bref des fameux « tops » et « flops »:

Les tops:

  • Le dossier est enfin débloqué : L’usine, qui a arrêté ses activités à la fin des années 80, restait jusque là à l’abandon en se dégradant progressivement. Les annonces de démolitions successives depuis 2005 (article ici) n’avaient pas fait débloquer ce dossier judiciaire inextricable.
  • La bulle: Même si l’ancienne municipalité n’en voulait pas spécialement ou la jugeait hasardeuse, cette enveloppe est aujourd’hui bel et bien en train d’être construite autour des bâtiments. Cette bulle, préconisée depuis le début par les associations, est selon elles, le seul moyen de protéger les riverains et d’éviter un risque de nouvelle catastrophe sanitaire par dispersion des fibres d’amiante à l’air libre.
    Installation de l'échafaudage soutenant la bulle étanche

    Installation de l'échafaudage soutenant la bulle étanche

    Pour rappel, un début de démolition à ciel ouvert avait été stoppé par l’inspection du travail lors en novembre 2006 (article ici).

  • La fin des mensonges, opacités et dénis des autorités : Au début du combat des associations; la mairie et surtout la préfecture ont sciemment menti en niant qu’il n’y ait eu de l’amiante broyée après guerre. Plus grave, malgré le danger de l’amiante connu depuis des décennies, l’usine est pourtant restée ouverte aux quatre vents de 1991 à 2001. C’est donc des dizaines d’enfants qui ont ainsi innocemment joué au milieu des poussières mortelles. Puis le discours a évolué par l’affirmation de l’absence de danger dans l’air.
  • Un chantier exemplaire: Le maître d’œuvre Jean-Pierre Beckmann fait preuve d’une véritable volonté de transparence et n’hésite pas à exposer en toute franchise les difficultés auxquelles il se trouve  confronté (par exemple la pose de la structure de la bulle de confinement a pris 6 semaines de retard). Il a autorisé certaines associations a se rendre sur le chantier quand elles le souhaitaient et a même invité notre rédaction a visiter le chantier, ce que nous n’avons pas manqué de faire (article ici).

Les flops:

  • bungallowLe bungalow d’information géré par la municipalité n’est toujours pas ouvert. Certes une difficulté technique ou administrative peut être compréhensive mais le le maitre d’œuvre du chantier de dépolution, qui a installé le petit baraquement, se dit pressé de pouvoir y afficher les mesures de ses capteurs. Plus embêtant, ce bungalow, qui devait symboliser la volonté de la municipalité d’informer les riverains, a été faussement déclaré ouvert par l’hebdomadaire municipal Oxygène du 16 juillet dernier (hebdo ici). Après cet épisode qui oserait prétendre qu’Oxygène ne serait pas un hebdo de communication ?
  • L’ardoise laissée au contribuable est  proprement gigantesque et se comptera en millions d’euros. Le pollueur ne sera que très partiellement payeur.
  • L’acord signé avec le CMMP est très (trop?) favorable à celui-ci, ce qui enerve les associations. Était-ce vraiment le prix a payer pour que le chantier démare enfin ? En effet, toute future découverte, compliquant le chantier (et il y aura très probablement de telles découvertes), sera à la charge de la municipalité. Le CMMP n’a plus besoin de cacher que les broyeurs de l’usine sont enterrés dans le sol, il ne risque plus rien à le dire.

Hervé Suaudeau

Articles similaires:

Les commentaires sont fermés.