Justice

Un pédiatre condamné pour pédophilie

2 octobre, 2005 à 8:46 | Posté par

L’ancien pédiatre renommé d’Aulnay-sous-Bois, Gérard Almodovar, a été condamné, mercredi après-midi, par les jurés d’assises à treize ans de réclusion criminelle pour les viols, les tentatives de viols ou les attouchements sur pas moins de dix-sept garçons, raconte Le Parisien dans son édition du 29 septembre.

Des enfants abusés pour certains il y a plus de vingt ans mais auxquels les jurés, balayant l’obstacle de la prescription, ont choisi de reconnaître leur statut de victime. Un peu plus tôt, l’avocat général avait requis seize ans contre le "bon docteur". Partie du secret, enfin lâché, de deux jeunes de 15 et 19 ans, il y a trois ans, l’enquête a, en réalité, conduit vers ces dix-sept enfants.

Une génération de patients ont été abusés tout au long d’une carrière apparemment sans tâche. Aucun de ces garçons n’a été abusé dans le cadre d’une consultation, mais tous étaient d’anciens patients, des enfants dont le docteur Almodovar avait suivi vaccins et maladies infantiles.

Homme apprécié et disponible, assez riche pour rouler en Pontiac, s’offrir un bateau de plaisance et se montrer très généreux, le pédiatre si affable plaisait aux parents, devenait vite un ami de la famille. Il emmenait donc les garçons au tennis-club local ou parfois en vacances, sur son bateau amarré au Cap-d’Agde. Chaque sortie, chaque voyage furent autant d’occasions.

Dans le box des accusés, Gérard Almodovar a tout assumé. Presque volontiers, à peine heurté par les termes parfois crus désignant des abus. Pédophile oui, amoureux des garçons depuis l’adolescence, il a admis cette double vie restée si longtemps méconnue. Face à lui, hier soir dans une salle d’audience plongée dans l’émotion, des pleurs de soulagement ont accueilli le verdict. "Il fallait cette justice, souffle l’une des victimes. Il était important que tous les faits soient reconnus, sans exception, sans limite dans le temps."

Les dix-sept victimes du docteur Almodovar espèrent "tourner cette page", mais hier soir elles pensaient également "à toutes les autres". Des jeunes sortis du silence trop tardivement, voire jamais, mais dont trois jours d’audience ont évoqué le même drame.

Jérôme Charré

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