Faits divers, Solidarités

Deux femmes brisent le silence

14 octobre, 2005 à 11:07 | Posté par

Deux femmes ont porté plainte en mai 2003 pour agression et harcèlement sexuel au travail contre le patron de leur société de nettoyage et contre le directeur adjoint, aujourd’hui à la retraite, de l’Institut médico-éducatf (IME) Toulouse-Lautrec d’Aulnay-sous-Bois, raconte Le Parisien dans son édition de jeudi.

Il aura fallu plus de deux années de douleur pour que ces deux femmes de ménages, actuellement en arrêt maladie, se décident à briser le silence. "C’est gênant pour nos familles, et puis on se sent sales, on a honte", justifie pudiquement au quotidien, l’une d’elles que le quotidien appelle Fathia.

Elles sont employées depuis 2002 par une entreprise sous-traitante, les deux salariées sont affectées au nettoyage de l’IME. La seconde victime, appelée Naïma, mère de trois enfants raconte que "les premiers temps, le directeur adjoint me faisait des compliments, j’ai peut-être été naïve, mais je trouvais cela gentil, et puis il s’est mis à me faire des attouchements" ."Il se débrouillait toujours pour qu’il n’y ait personne, il me coinçait contre un mur, m’embrassait, me caressait", poursuit Fatiha, qui explique avoir été violée à deux reprises.

Le patron de leur société, "souvent présent à l’IME", est lui aussi accusé par les victimes. "Il me harcelait chez moi et au travail. Lorsque j’ai fait ma demande de regroupement familial, il m’a fait du chantage avec ses mains baladeuses", soupire Naïma.

En 2003, Naïma, Fatiha et onze de leurs collègues rencontrent Nacer Cherchour, délégué CGT à l’IME. "Elles sont venues me parler de leur calvaire, se souvient le salarié. Elles avaient peur de témoigner. Seules deux d’entre elles ont eu le courage de porter plainte et, avec l’association Femmes solidaires, je les ai aidées dans ces démarches.", explique-t-il.

Le 10 septembre 2003, le syndicaliste aborde le sujet lors d’une réunion avec la direction. "On m’a traité de tous les noms et, le lendemain, j’ai reçu un avertissement". Aujourd’hui, alors que l’information judiciaire ouverte en février par le parquet de Bobigny est toujours en cours et que les accusés continuent de nier, l’IME vient d’engager une procédure de licenciement contre Nacer Cherchour, la deuxième en quatre ans. Contactée, la direction de l’institut a refusé de s’exprimer.

Jérôme Charré

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