Actualité, vidéosurveillance

Vidéosurveillance et IA, sujet de discorde politique à Aulnay-Sous-Bois

8 juin, 2026 à 20:26 | Posté par

À Aulnay-sous-Bois en Seine-Saint-Denis, le maire LR souhaite relancer la vidéosurveillance algorithmique (VSA), malgré les critiques sur son opacité et son impact sur les libertés, tandis que l’opposition dénonce un manque de transparence sur l'utilisation des caméras.

Du "mur" d'écrans où défilent en continu les images des 550 caméras d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), la police municipale ne peut tout voir: dès que la loi le permettra, le maire LR souhaite reprendre la vidéosurveillance algorithmique, testée entre 2021 et 2023, malgré les critiques sur son opacité.

Main sur le joystick, une agente du centre de supervision urbain (CSU) zoome jusqu'à n'avoir à l'écran plus que la plaque d'immatriculation d'un véhicule mal stationné. Et l'information est aussitôt transmise pour verbaliser le propriétaire.

Cette haute définition préoccupe Oussouf Siby, élu d'opposition, car en zoomant sur un téléphone, une caméra peut, selon lui, "vous dire à qui vous avez envoyé le SMS et qu'est-ce que vous envoyez."

Dans le quartier des 3.000, le déploiement de la vidéosurveillance imprègne foncièrement le paysage urbain. Sur plusieurs carrefours rapprochés, se dressent d'imposants mâts en béton, ceints de barbelés et surmontés d'une caméra rotative.

"Quand on se déplace, on a l'impression d'être dans une prison à ciel ouvert", déplore le conseiller municipal.(...)

Ancien policier, le maire Bruno Beschizza plébiscite la vidéosurveillance au point d'avoir, entre 2021 et 2023, poussé le curseur plus loin en expérimentant la vidéosurveillance algorithmique.(...)

Au printemps 2023, la loi "Jeux Olympiques et paralympiques" autorise le recours à la VSA sur des sites liés à Paris 2024. Aulnay n'est pas retenu dans cette expérimentation au grand dam du maire, contraint de stopper l'utilisation de cette technologie dans sa ville.

"Pas fanatique du système chinois" qui note les citoyens en fonction de leur comportement, Bruno Beschizza plaide néanmoins pour la reconnaissance faciale, ligne rouge pour les défenseurs des libertés fondamentales.(...)

"Faire cette erreur de dire qu'on met tout sur la caméra et pas sur la présence humaine, ce n'est pas l'un ou l'autre: c'est les deux qu'il faut mettre en œuvre," plaide l'ex-candidat socialiste aux municipales.

Source : https://www.france24.com/

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