Médias, Sports

Les quartiers d’Aulnay sous la loupe du journal l’Equipe

9 novembre, 2010 à 14:38 | Posté par

Voici un extrait du journal l’Équipe, du 5 novembre 2010, qui s’est intéressé aux sportifs des différentes cités d’Aulnay-sous-Bois et notamment à leur vision de la situation dans les quartiers. Ce qui saute aux yeux est le titre très douteux, dont le mot « flambe » est en rouge, qui cultive amalgame assez choquant, cultivant le genre de clichés très méprisants pour notre ville comme TF1 l’avait fait à l’occasion du reportage de l’émission « Sept à huit » sur le CREA.

Mais il ne faut pas s’arrêter à ce titre très racoleur et méprisant car l’amateur sportif, grâce aux vedettes mises en avant, va être accroché, entrainé sur le terrain social et obtenir des informations tout à fait pertinentes qu’il n’aurait pas forcément cherché. Il y trouvera notamment un résumé sans concessions de l’histoire des quartiers nord d’Aulnay qui mentionne la responsabilité des élus de tous bords depuis des décennies, le problème de la ségrégation raciale dans l’attribution des logements et le facteur clé de l’accès à l’emploi. Les potentialités de la ville sont bien mis en avant mais ne cachent pas non plus les dangers du manque d’évolution de la situation sociale depuis les révoltes de 2005, tout ceci avec un franc parler, rare, agréable et réaliste… Mais quel titre épouvantable!

Le journal sportif réussi à faire un inventaire tout à fait poussé des sportifs de la ville (en se limitant aux cités) et complète celui fait par le chanteur Aliyou. On y retrouve: Aliou Diarra, Moussa Sissoko, Boukary Dramé, Franck Dja Djédjé, Nicolas Douchez, Morgano Gomis, Norman Sylla, Zanké Diarra, Aboubacar Tandia, Fabrice Pancrate, Mamadou Danfa, Jules Tchimbakala, Boris Gauchet, Armand Oné, Jean-François Lescinel, Boubakary Diarra, Sekou Sangaré, Krimo Belaïdouni, John Dovi, Ali Traoré, Mehdi Bouadla, Mohamed Bouleghcha, Hakim Aït Ouaret, Olivier Dacourt, Jonathan Téhoué, Joachim Ekanga-Ehawa, Boubeker Ghenimi, David Lollia, Brahim Ayyadi, Turan Bagci, Sigamary Diarra, Jean-Louis Mandengue, Patrice Dherbilly, Jonathan Thiam, Allan Thiam, Saïd Bouzzaoui, Thomas Bouhail et Teddy Tamgho.

Cet article paru vendredi dernier n’a pas pu parler de l’escrimeuse Maureen Nisima dont le premier club a été l’EC Aulnay et qui a été sacrée championne du monde à l’épée au grand palais lundi soir.

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Une Réponse à “Les quartiers d’Aulnay sous la loupe du journal l’Equipe”

De la facilité et des raccourcis journalistiques.

Effectivement, le titre tout à fait facile et racoleur est déplorable, parce qu’il n’ a aucun rapport avec la teneur de l’article. Mais il y a aussi quelques clichés insupportables :

– la référence bien connue au « 9-3 » notion méprisante s’il en est, puisque le département est assimilé à un simple numéro ;

– la mention « Aulnay, ghetto économique, social et culturel » rien de moins…Nous voyons que notre ami journaliste a le sens de la nuance! Il faudrait peut-être lui parler du CREA, du festival Aulnay Blues, du conservatoire de musique, etc…

– la référence aux trois tours du secteur Uni rasés et les travaux de rénovation et de réhabilitation réalisés qui oublient de mentionner que tout cela résulte du programme de l’A.N.R.U. lancé bien avant l’élection du maire actuel.

– la mention « Le maire d’Aulnay aime sa ville…y compris les quartiers nord déshérités dont le côté « coloré » lui a assuré la victoire en 2008″. Bigre, quel scoop !

Quelle étrange formulation ! A-t-on jamais vu un maire qui n’aime pas sa ville ? D’autre part, je pensais que dans une ville, il n’y avait que des citoyens sans distinction de couleur de peau. Faudra-t-il dire bientôt les « colorés » et les « non colorés » pour qualifier les électeurs d’Aulnay?

Tout cela est un langage d’une autre époque.

Par ailleurs, le journaliste aurait pu rajouter par honnêteté que la victoire de G.Ségura avait été assurée d’un cheveu seulement (à 200 voix près) ce que certains semblent avoir allègrement oublié.

Et puis, cette façon de segmenter un électorat est insupportable.

Tant qu’à faire, alors, on pourrait dire aussi que le maire doit son élection aux électeurs de sensibilité écologique (puisque à priori, ceux-ci sont nettement supérieurs à 200 et beaucoup plus encore depuis les dernières élections régionales)

Et comme ceux-ci n’en aiment pas moins leur ville…tout cela donne un éclairage assez savoureux sur la réalité de la base électorale du maire actuel d’autant plus que ce dernier a une certaine tendance à s’attribuer aussi les mérites de ce qui a été décidé et lancé avant son élection.

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