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20 minutes: A Aulnay, bataille autour de «l’usine de l’amiante»

20 janvier, 2006 à 12:32 | Posté par

« Nous n’avons jamais été aussi près d’une catastrophe. » Laurent Petit, père de trois enfants, ne cache pas son inquiétude. Le petit dernier, Thomas, 7 ans, est scolarisé à l’école primaire du Bourg-II, à Aulnay-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis. L’établissement jouxte le Comptoir des minéraux et matières Premières (CMMP), une usine désaffectée qui, de 1938 à 1991, a broyé de l’amiante et est promise à la démolition.

« Fin avril, les conclusions d’une expertise ordonnée par le tribunal administratif de Cergy-Pontoise diront si, oui ou non, après un simple dépoussiérage, l’ancien atelier d’amiante et les bâtiments de l’usine seront démolis sans précaution particulière de confinement », explique Gérard Voide, président du collectif des riverains et victimes du CMMP.

Avec les associations des parents d’élèves de l’école du Bourg-II, Addeva 93, Ban Asbestos France (Bannir l’amiante), Aulnay Environnement et Environnement 93, le collectif appelle à une réunion publique samedi à partir de 10 h, dans la salle du parc Gainville, suivie d’une manifestation sur l’ancien site pollué de l’usine. « Après cinq ans de passivité, il est urgent que les autorités réagissent. Nous nous heurtons à un silence radio avec la préfecture et la mairie depuis l’été dernier », poursuit Gérard Voide. « Nous attendons les résultats de l’expertise. Si la déconstruction a lieu, ce sera hors période scolaire. Et s’il le faut, les 300 élèves du groupe scolaire du Bourg seront transférés le temps des travaux », se défend Gérard Gaudron, maire UMP d’Aulnay-sous-Bois. Une réponse qui ne suffit pas à apaiser les esprits.

A ce jour, selon le collectif, l’activité du CMMP aurait provoqué 61 cas de maladies dont 31 furent suivis de décès. Un bilan qui ne cesse de s’alourdir. « Une riveraine de 52 ans souffrant de plaque pleurale est décédée en décembre. Une famille décimée puisqu’elle avait déjà perdu son père, ancien ouvrier de l’usine, et son frère aîné. »

Aurélie Onillon

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Une première plainte a été déposée au tribunal de Bobigny en 1996 afin d’engager une procédure pénale à la suite du décès de Pierre Léonard, 49 ans, beau-frère de Gérard Voide, atteint d’un mésothéliome. Vingt-deux plaintes se sont depuis ajoutées au dossier. Les riverains se sont constitués partie civile pour « homicide involontaire et atteinte à l’intégrité physique ». Depuis un an, l’affaire est instruite par Anne Auclair-Rabinovich au pôle santé du parquet de Paris.

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