Petit retour sur un épisode aulnaysien des années 1990 par le Parisien
« On avait 20 piges, on était une tribu qui s’éclatait sans se prendre au sérieux. Pour les socialistes, on ne pensait qu’au sexe et à la drogue. Ce n’était pas faux. » Les quatre décennies qui se sont écoulées n’ont pas changé Sylvain De Smet.
Doté d’un solide sens de l’autodérision, ce natif d’Aulnay-sous-Bois désormais installé dans le sud de la France a connu plusieurs vies. La première, celle qui fait l’objet du « bouquin-fanzine » qu’il vient d’autoéditer, renvoie à une décennie de coups d’éclat en politique. De 1985 à 1992, ses camarades et lui se sont présentés à plusieurs élections derrière un nom qui avait valeur de programme : Los Craignos.(...)
« Tout un tas de copains et de copines trouvaient ça scandaleux mais ils n’étaient pas allés voter, se remémore Sylvain De Smet, 19 ans à l’époque. On s’est alors réuni dans mon appartement à Chanteloup avec une dizaine d’amis et de là est sorti une idée : et si on se présentait en délirant le plus possible, comme Coluche ? »(...)
« Tant qu’à voter con, votez Los Craignos », lancent ses épigones lors de leur première campagne, celle des cantonales en 1985.(...)
Étiquetée tantôt « extrême gauche », tantôt « divers droite », la candidature de son ami Manuel Gimenez recueille 89 voix, soit 0,71 % des suffrages exprimés. Le score est dérisoire mais les Craignos se prennent au jeu.(...)
Jean-Claude Abrioux s’en rendra compte à ses dépens lors de l’entre-deux-tours des législatives de 1988. Le maire de droite d’Aulnay-sous-Bois, qui a ravi la ville aux communistes cinq ans plus tôt, est en ballottage favorable.(...)
Abrioux nous a donné rendez-vous dans son bureau au lendemain du premier tour.
Faibles de leurs 207 voix, Manuel Gimenez et son comparse prennent le chemin de l’hôtel de ville. « Il n’avait pas besoin de nous pour gagner, souligne Sylvain De Smet. Négocier avec des mecs comme nous, fallait quand même être une belle truffe ! Il nous demande combien ça coûterait. On lui répond : Peut-être 2 000 francs. Il nous fait un chèque de 3 000 francs, qu’il met au nom de Manu. Une heure après, on était au siège du Canard enchaîné. »(...)
Quarante après la naissance du groupe, son initiateur rêve tout haut d’une reformation à l’occasion des « érections européennes » de juin 2024. Non, les Craignos ne changeront jamais.
Source : Le Parisien - 2 mai 2026
L'association Vivre Mieux Ensemble avait invité Sylvain de Smet pour un débat en 2025.





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