Dans un article (sur abonnement) le journal Les Échos revient sur la victoire des associations et de la ville suite à la récente condamnation du Comptoir des Minéraux et Matières Premières (CMMP) à verser 14 millions d'euros à la ville d'Aulnay-sous-Bois et plusieurs dizaines de milliers d'euros aux associations, dans l'affaire de la dépollution de l'usine d'amiante.
L'article des Échos apporte un éclairage plus équilibré que le récent communiqué de la municipalité actuelle. Une ancienne parent d'élève a d'ailleurs vivement critiqué ce texte, y dénonçant une "récupération politique et électoraliste" qui occulte "l'aboutissement de 20 ans de lutte acharnée d'un mouvement citoyen". Elle rappelle notamment l'attitude de l'ancien maire Gérard Gaudron (UMP) qui "disait qu'il n'y avait ni danger, ni désamiantage nécessaire et qu'il était prêt à installer son bureau sur ce terrain". De manière troublante, le communiqué de l'actuelle majorité, qui compte encore dans ses rangs des élus de l'époque Gaudron, passe quasiment sous silence un fait historique majeur : c'est sous la mandature de Gérard Ségura (PS) que la dépollution du site a été décidée et réalisée. Nos archives, qui couvrent près de 20 ans de ce dossier, en attestent. Quoi qu'il en soit, cette victoire judiciaire est avant tout le fruit de près de 30 années de combat acharné mené par Gérard et Nicole Voide.
L'article du journal économique rappelle l'ampleur du scandale qui a fait reconnaître "tardivement et au fur et à mesure des années, au moins 234 victimes potentielles (...) ayant contracté des maladies graves liées à l'amiante". Parmi elles, le frère de Nicole Voide, décédé en 1996 à seulement 49 ans après avoir fréquenté l'école maternelle adjacente à l'usine-poison.
C'est ce décès qui a poussé Nicole et Gérard Voide à lancer l'alerte et à entamer leur combat contre le CMMP. "La préfecture et l'entreprise assuraient que le broyage d'amiante avait été arrêté après la guerre, alors que d'autres malades se déclaraient dans le voisinage", rappelle Gérard Voide. Pour lui, cette condamnation est historique car "pour la première fois le pollueur est puni et devra payer".
Si la ville obtient gain de cause, le maire souligne que "ce dossier nous a coûté bien plus cher que le montant de la peine". En effet, "si les indemnités demandées couvrent le prix des travaux, elles sont loin de compenser le coût du déménagement des écoles du Bourg effectué en 2006 pour protéger les enfants des travaux et de l'exposition à l'amiante". Le préjudice non couvert s'élèverait à 3 millions d'euros.
Les Échos précisent n'avoir pas réussi à joindre la société CMMP pour obtenir ses commentaires.





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