A vous la parole

Réaction de R.A Bougourd au futur nom du square « Chopin »

9 juillet, 2019 à 11:16 | Posté par

C’est à titre personnel que le Président d’Aulnay Environnement nous a envoyé ce communiqué suite au choix du maire de nommer un square « Napoléon Bonaparte »:

IMPÉRIAL HOMMAGE

Les réalisations municipales en cours donnent à nouveau au Maire l’occasion de montrer son savoir faire en matière de dénomination des lieux et édifices publics. N’oublions pas qu’il a commencé sa mandature par un coup d’éclat, la débaptisation de la place Camélinat et l’effacement de plus de 70 ans d’histoire de ce quartier, puisque ce nom avait été choisi par une municipalité de Front Populaire à la fin des années 30.
Naguère la proposition était faite par une commission municipale, mais selon ses propres dires, M. Beschizza n’aime pas les « comités Anatole ». Le choix des noms est à présent exclusivement le fait du Prince. Pour l’ex-annexe Barrès du collège du Parc devenue une école élémentaire et maternelle, comme pour le futur parc de la rue Jules Princet, quels noms seront choisis ?
La tradition est d’honorer soit une personnalité qui a marqué l’histoire de la ville, soit une célébrité nationale récemment disparue. L’école de la rue Louis Barrault deviendra ainsi l’école « Jean d’Ormesson ». Pourquoi pas ? Le choix de l’homme, écrivain prolixe et académicien, qui a su incarner avec beaucoup de charme et d’esprit la réaction post-soixantehuitarde a sa logique.
Mais la logique des temps est aussi de promouvoir la parité homme-femme (moins d’une dizaine de personnalités féminines sur 500 noms de rues à Aulnay !). Pour le parc de la rue Jules Princet, on aurait pu penser par exemple à Agnès Varda, magnifique incarnation d’un autre versant du charme, de l’esprit et du talent.
Mais non ! Il vaut mieux rester assis pour lire ceci : ce sera « Napoléon Bonaparte » !
Il est vrai que cet homme-là méritait d’être sauvé de l’anonymat ! Mais quelle mouche (ou quelle abeille) a donc piqué notre premier édile ? Un anniversaire ? Le bicentenaire de la mort, ce ne sera qu’en 1821. Un hommage déguisé à notre président, peut être ? Ou bien est-ce la fascination pour l’organisateur d’un pouvoir étroitement contrôlé par la police et la censure qui dès 1800, réduit à Paris le nombre de journaux autorisés de 73 à 13, à 10 peu après, à 4 en 1814 ? Quel rêve pour celui qui, aux frais du contribuable, poursuit en justice les blogs qui ne chantent pas systématiquement ses louanges !
La glorieuse cité d’Aulnay-sous-bois, bien connue pour le style impérial de son urbanisme, rendra donc hommage au plus grand génie militaire du XIXe siècle. On peut se consoler en se disant qu’au moins le ridicule, lui, ne tue pas !
René-Augustin BOUGOURD

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