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Les syndicats appellent jeudi à manifester devant le siège de PSA Aulnay-sous-Bois pour préserver l’emploi

27 juin, 2012 à 20:00 | Posté par

« A l’occasion de la réunion du comité de groupe européen, les syndicats du site PSA d’Aulnay appellent à un rassemblement jeudi matin. Opel, filiale allemande de GM avec qui PSA s’est allié, présente ce même jeudi un grand plan stratégique.

A l’occasion de la réunion du comité de groupe européen, les syndicats du site PSA d’Aulnay appellent à un rassemblement jeudi 28 juin à 10h0 devant le siège de PSA, avenue de la Grande-Armée à Paris. Et ce, afin de défendre leur site menacé. Des délégations de l’usine d’Opel Bochum, également sur le sellette, de GM Strasbourg et de PSA Madrid sont notamment prévues. La CGT, la CFDT, la CFTC, le SIA (syndicat maison) et SUD ont par ailleurs appelé les salariés du site de Seine-Saint-Denis à la grève. « Il s’agit de dire à la direction : nous savons que vous voulez fermer Aulnay fin juillet, et on vient vous dire que nous nous défendrons », affirme Jean-Pierre Mercier, délégué central CGT.

Le comité de groupe européen et la manifestation coïncideront – hasard du calendrier – avec l’annonce du grand plan stratégique d’Opel, la filiale allemande de GM avec qui PSA a noué fin février une grande alliance stratégique. L’alliance entre les deux constructeurs figure d’ailleurs… à l’ordre du jour du comité de groupe européen de PSA. Les syndicats redoutent les conséquences pour l’emploi d’un mariage entre deux constructeurs surcapacitaires.

Sites menacés

Côté français, si le site d’Aulnay est en première ligne, l’usine de Sevelnord, qui fabrique les utilitaires conjointement avec Fiat – mais dont le contrat prendra fin en 2017 -, est aussi menacé. Tout comme l’usine de Madrid et celle de Rennes. En effet, la production éventuelle du futur successeur de la Citroën C5 (nom de code X8) sur une plate-forme Opel est en cours d’évaluation. Si la décision était actée, elle entraînerait logiquement une production non plus en Bretagne mais… en Allemagne. Côté GM, Opel a annoncé l’arrêt de production à Bochum à l’horizon 2016. L’américain s’interroge par ailleurs sur la pérennité de sa seule usine française, celle de Strasbourg qui produit des boîtes de vitesses et emploie 1.000 salariés.

Le PDG d’Opel, Karl-Friedrich Stracke, doit donc présenter ce jeudi, au cours d’une réunion du conseil de surveillance, un plan de développement et de redressement pour ce constructeur déficitaire chroniquement depuis plus de dix ans. « En 2011, nous avons gagné de l’argent pendant les trois premiers trimestres. Puis, il y a eu la chute du marché. Nous avons besoin d’une restructuration. Il faut réduire les coûts pour revenir à l’équilibre », affirmait récemment à « latribune.fr » le PDG, qui refusait de s’engager sur une nouvelle date pour… le retour présumé aux profits. GM a encore perdu 256 millions de dollars (200 millions d’euros) sur le Vieux continent au premier trimestre 2012, après un déficit avant impôts de 700 millions (540 millions d’euros) pendant l’année 2011 et une perte de 2 milliards durant l’exercice 2010. Opel (et sa marque soeur britannique Vauxhall) ne parvient pas à enrayer la chute de ses parts de marché outre-Rhin et en Europe (6,7 % à peine sur les cinq premiers mois de 2012 hors utilitaires, contre plus de 10 % il y a dix ans).

Nouveautés chez Opel

S’il mise sur les économies d’échelles avec PSA pour se redresser, le PDG d’Opel espère aussi bénéficier de ses nouveaux modèles, qui ne devront rien… au français, car développés avant l’alliance. La firme allemande va ainsi commercialiser fin 2012 un petit 4×4 de 4,28 mètres de long, le Mokka, produit par GM en Corée. Par ailleurs, le constructeur présentera au prochain Mondial de l’automobile parisien début octobre une mini-urbaine chic et snob avec quelques clins d’œil rétro, l’Adam (du prénom du fondateur de la firme), qui sera produite à Eisenach, en ex-RDA, et commercialisée début 2013. Viendra ultérieurement une petite voiture, plus démocratique et spacieuse, pour remplacer la Corsa actuelle. Cette dernière nouveauté ne devrait pas non plus utiliser une plate-forme commune avec PSA. Les premiers modèles sur des bases roulantes communes ne seront mis sur le marché qu’en 2016. Au vu de la situation très difficile d’Opel comme de PSA, il y a toutefois urgence. Mais, il faut quatre ans pour développer un nouveau véhicule…« 

Source : La Tribune

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