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Heure musicale à l’ENMD, 5.

11 décembre, 2007 à 15:01 | Posté par

Soirée intime et romantique dans le cadre de la traditionnelle heure musicale du mardi à l’auditorium de l’Ecole Nationale de Musique et Danse d’Aulnay (12 rue de Sevran).
Figurent en effet au programme deux chefs d’œuvre de la musique de chambre française du XIXème : le quatuor avec piano n°1 op. 15 de Fauré et le septuor op. 65 de Saint-Saëns.
Le quatuor de Fauré est écrit pour un violon, un alto, un violoncelle et un piano. Commencé en 1876, il sera seulement achevé en 1879. Fauré écrira sept ans plus tard un second quatuor pour cette formation particulière qui semble lui correspondre et qu’il a illustrée de bien belle manière. Quatre mouvements, une maîtrise du style extraordinaire, des thèmes mémorables, que dire d’autre si ce n’est paraphraser Emile Vuillermoz :

"La flexibilité de l’écriture pianistique est prodigieuse. Enveloppés par les arpèges, les accords et les traits insinuants du clavier, les archets tissent à l’aise leur trame serrée et homogène, que le piano incruste de perles de cristal. Fauré obtient ainsi une étoffe d’une richesse et d’une somptuosité rares."

Quant à Saint-Saëns, il est pour ainsi dire le père de la renaissance de la musique de chambre française. Il notait à l’époque : "les compositeurs ont une tendance marquée à délaisser la musique de chambre pour les œuvres orchestrales".
Dans cet esprit il va personnellement ouvrir la voie, étant par exemple le premier en France à écrire un quatuor avec piano.
L’œuvre au programme ce soir est plus originale encore. Il s’agit d’un septuor pour piano, quatuor à cordes, contrebasse et trompette. Achevé également en 1879, du à une commande d’une société musicale appelée "La Trompette", il est écrit en quatre mouvements dans un cadre formel assez simple emprunté à la suite baroque : se succèdent ainsi un préambule, un menuet, un intermède, enfin une gavotte et final. Mais le tour de force était surtout d’incorporer au discours musical la trompette (sans pistons à l’époque…), ce qui restreignait de fait les possibilités de modulations. Force est de constater que le résultat est particulièrement réussi.
Ce que vous pourrez vérifier vous-même ce soir, à 20h30 à l’ENMD, en compagnie de professeurs du conservatoire tous interprètes de premier plan. Rappelons aussi que l’entrée est libre et gratuite. Alors n’hésitez pas/plus !

Jean-Gauthier Quintard

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