Conférence métropolitaine, SDRIF, Départements, Région Île-de-France, Communes, Intercommunalités … comment s’y retrouver ? Paris-banlieues, comment agir pour notre cadre de vie ?

Après l’initiative de Bertrand Delanoë, qui, en juillet 2006, a créé la Conférence Métropolitaine -une instance informelle de concertation regroupant des élus parisiens et de banlieue-, Nicolas Sarkozy, sitôt élu, a souhaité, lors d’un discours prononcé lors de pour l’inauguration de la Cité de l’architecture et du patrimoine au palais de Chaillot, « un nouveau projet d’aménagement global du Grand Paris ».

L’enjeu est de taille, il s’agit, à l’échelle d’un bassin de vie de plus de 6 millions d’habitants, représentant la zone dense de la Région Île-de-France, de favoriser l’équité sociale et territoriale (enseignement, emplois, culture et loisirs), d’anticiper le changement climatique, de contribuer à la protection de l’environnement (transports, logements) et de développer le rayonnement international de la métropole parisienne (concurrence de Londres, Berlin ou Milan).

Parallèlement à la conférence métroplitaine et aux débats sur le « Grand Paris », se déroule actuellement l’enquête publique (15 octobre au 8 décembre 2007) sur la révision du SDRIF.

Le Schéma Directeur de la Région Île-de-France, s’il est adopté, doit dessiner pour les 20 années à venir, les défis majeurs de notre cadre de vie importants à relever.
Logements, environnement, développement durable, transports en commun, le SDRIF a mis en exergue ces problématiques sans pour autant apporter de réponse satisfaisante aux habitants de la première couronne.

Dans le domaine des transports, le projet Métrophérique n’est pas abordé et les projets de prolongement des lignes de métro sont peu ambitieux, eut égard aux saturation rencontrées depuis longtemps sur les lignes 13, 4 du métro et B du RER. En revanche, le maire de Paris, pesant dans la balance plus que tous les maires de banlieue réunis, a obtenu la poursuite du chantier du tramway parisien. L’Etat de son côté impose son CDG (Charles de Gaule)-Express sur les sillons existants au détriment des banlieusards.
Dans le domaine du logement, le SDRIF fixe à la Région IdF, un objectif de 30 % de logements sociaux. Cela revient à dire que, sur les 60 000 logements à construire par an, pendant 20 ans, en Île-de-France, 53% seront des logements sociaux. Le SDRIF fait le choix de « construire, la ville sur la ville » et de la « densification » afin d’éviter « l’étalement urbain ».
Cet objectif est en contradiction avec les souhaits des habitants de la première couronne qui souffrent d’un déficit cruel d’espaces verts (à Saint-Ouen, par exemple, il y a moins de 3m2 d’espaces verts par habitant contre 50 m2 au Plessis-Robinson et 20 m2 recommandés par le CG93).
En outre, le 93, avec un doublement effectif du nombre de construction de logements sociaux dans le département pendant 20 ans, continuera à supporter la demande croissante de logements sociaux dans la Région. Bref, on est loin de réduire la ségrégation territoriale et sociale tant décriée …

L’Etat doit-il piloter la rénovation urbaine sans prévoir les transports en communs ?
la Région et le STIF (syndicat des transports de l’Île-de-France) doivent-il décider pour l’agglomération, sans que, au plus près, dans les départements et les villes, le dossier transport soit discuté, et au final, jouer seule face au poids de Paris, des départements de la petite couronne et des communes qui les composent ?

Pour beaucoup, le « Grand Paris », c’est à dire une nouvelle collectivité territoriale, dotée de compétences propres, à l’échelle des 6 millions d’habitants de Paris et de sa banlieue la plus proche, pourrait être la solution.

Cette nouvelle collectivité, peut importe qu’on la nomme « Grand Paris » ou « Paris Métropole » permettrait d’avoir une vue plus globale et surtout équitable, de tous les intérêts qui, jusqu’à lors, s’opposent dans le développement de notre métropole.