Amiante, Environnement, Santé

Alerte sanitaire à propos du CMMP

19 octobre, 2007 à 21:00 | Posté par

Communiqué de presse du Ministère de la Santé, de la Jeunesse et des Sports: Comptoir des Minéraux et des Matières Premières situé à Aulnay-sous-Bois (CMMP) en Seine-Saint-Denis : Informations pour les populations riveraines ayant habité au voisinage du CMMP entre 1938 et 1975

Le CMMP a été autorisé en 1938 à exploiter un atelier de broyage de minerais, notamment d’amiante. Les activités de broyage de l’amiante ont cessé en 1975 sur le site qui a été fermé définitivement en 1991. A la suite de signalements par des associations, les autorités sanitaires ont saisi l’Institut de Veille Sanitaire. La Cellule interrégionale d’épidémiologie d’Ile de France, dépendant de cet institut, a réalisé une étude très spécialisée de l’impact des rejets d’amiante dans l’environnement sur la santé des populations riveraines de l’usine pour déterminer si le fonctionnement de l’usine était à l’origine de pathologies liées à cette exposition environnementale à l’amiante et, dans l’affirmative, sur quel périmètre.

L’étude sanitaire conclut que l’activité du CMMP a engendré une exposition environnementale à laquelle on peut rattacher de façon totale ou partielle 11 cas de maladies liées à l’amiante (dont 4 cas de mésothéliome ou cancer de la plèvre et 7 cas de plaques pleurales).

Concernant la situation actuelle autour du site, une étude récente des niveaux d’empoussièrement dans la commune d’Aulnay, commandée par l’Etat, confirme que les concentrations en fibres d’amiante dans l’atmosphère sont aujourd’hui identiques à celles que l’on mesure dans d’autres villes non exposées. Cette étude conclut donc qu’il n’y a plus de risque spécifique pour les riverains.

Le ministère de la Santé, de la Jeunesse et des Sports, a décidé la mise en place d’un numéro d’appel téléphonique afin de permettre aux personnes ayant habité, de 1938 à 1975, à proximité de l’usine du Comptoir des Minéraux et des Matières Premières d’Aulnay-sous-Bois et qui ont pu être exposées à des poussières d’amiante, d’obtenir des informations complémentaires ainsi que tout renseignement sur les démarches à suivre. Celles-ci peuvent appeler ce jour à partir de 12 heures le numéro vert suivant : 0800 13 00 00.

S’agissant du suivi médical des personnes exposées à l’amiante, la Haute autorité de santé a été saisie par le ministre de la santé en août 2006 sur le bénéfice médical d’un dépistage ainsi que sur ses modalités. Une information des médecins est en cours par messagerie et par la mise en ligne, sur le site du ministère, d’un document d’information. Celui-ci rappelle les pathologies liées à une exposition à l’amiante et précise les examens qui peuvent être envisagés en fonction de l’état de santé du patient.

Une surveillance du mésothéliome existe déjà grâce au Programme National de Surveillance du Mésothéliome (PNSM) mis en place en 1998. Ce programme sera prochainement élargi à l’ensemble du territoire. En outre, le ministère de la Santé, de la Jeunesse et des Sports met en place un groupe de travail réunissant des experts scientifiques afin de déterminer les études complémentaires qui, le cas échéant, devront être mises en oeuvre.

Le ministère rappelle que toute personne qui s’estime victime d’une pathologie liée à l’amiante (et leurs ayant droits) peut déposer une demande de réparation auprès du Fonds d’indemnisation des victimes de l’amiante (FIVA).
Le site Internet www.fiva.fr fournit toutes les indications utiles.

Consulter sur ce sujet le dossier de l’amiante sur le site de la santé.

Lire l’étude de santé publique autour d’une ancienne usine de broyage d’amiante, le Comptoir des minéraux et matières premières à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) > Pollution environnementale entre 1938 et 1975 : impacts sanitaires et recommandations (InVS)

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13 Réponses à “Alerte sanitaire à propos du CMMP”

Quelques phrases extraites de la conclusion du très intéressant mais glaçant rapport de l’INVS (http://www.invs.sante.fr/publications/2007/amiante_aulnay/6_conclusion_recommandations.pdf):
« L’alerte lancée par les associations, à savoir l’existence d’une exposition environnementale ancienne à l’amiante à l’origine d’un premier cas de mésothéliome, était donc vérifiée. (…) C’est la première fois en France que des cas [de cancer] strictement environnementaux sont mis en évidence dans le voisinage d’une ancienne usine de transformation de l’amiante. (…)
Les effectifs potentiellement concernés par un excès de risque de cancer important semblent ainsi varier entre 1500 et plus de 9 000 personnes réparties sur les communes d’Aulnay-sous-Bois et de Sevran.(…)
Parce que chacune de ces réponses est à construire, nous recommandons que les pouvoirs publics associent l’ensemble des acteurs institutionnels, professionnels de la santé et société civile (dont les associations de riverains) à une réflexion collective sur la démarche à mettre en oeuvre. Seule cette réflexion pluraliste permettra de comprendre les attentes et les contraintes de chacun, et de construire des propositions acceptables par tous. (…)
Les experts français contactés s’accordent toutefois à dire que le CMMP a – au moins dans les 10 premières années de son fonctionnement et probablement de manière durable – compté parmi les unités industrielles de transformation et d’utilisation de l’amiante qui ont conduit aux niveaux d’exposition les plus élevés en France. »

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Abdelkader Boualem | 20 octobre, 2007 à 12 h 57 min

Jérôme,
Je tiens à vous remercier pour ces informations qui seront très utiles aux riverains du CMMP. Il est déplorable de voir que les autorités sanitaires aient perdu autant de temps pour prendre conscience de la gravité de la situation et des dangers des expositions environnementales dont on avait connaissance depuis de nombreuses années…

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monsieur BOUTET | 24 octobre, 2007 à 7 h 44 min

monsieur boualem ne parle pas de la responsabilité politique de ce dossier….
la majorité municipale a laquelle il appartient…porte une lourde responsabilité dans la paralisie inquiétante de ce dossier dramatique pour notre ville.

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Abdelkader Boualem | 24 octobre, 2007 à 13 h 43 min

Monsieur Boutet,
Je tiens tout d’abord à vous féliciter d’avoir abandonné les commentaires guerriers auxquels vous nous aviez habitué. Hélas, vous n’avez cependant pas perdu le sens de la polémique et de l’objectivité…
Soutenir la majorité municipale ne signifie pas y apparteni! Sur ce dossier, si il existe des responsables, ce sont avant tout le CMMP par ses actions en justice pour annuler des arrêtés préfectoraux ou municipaux visant à dépolluer ce site et surtout l’Etat par la faiblesse de textes législatifs visant à sanctionner dans des délais plus brefs ces entreprises polluantes.
Vous pouvez être animé par la meilleur des volontés ( le travail des associations de défense de victimes de l’amiante en sont la démonstration) pour autant vous vous heurterez aux limites législatives actuelles. Enfin, sur ce thème, je conseille pour vous éclairer deux ouvrages « un scandale improbable » d’Emmanuel Henry (Presses Universitaires de Rennes) et « Amiante, 100000 morts à venir » de François Malye (document Le Cherche Midi).

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monsieur boutet | 25 octobre, 2007 à 7 h 40 min

monsieur boualem distribue les bons points comme le maire les promesses electorales ….les riverains ne sont pas dupes monsieur boualem…ils connaissent parfaitement les responsabités de l’équipe municipale(connaissez vous l’esprit d’équipe monsieur boualem,)

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@ M. Boualem: « surtout l’Etat par la faiblesse de textes législatifs »
La majorité municipale fait partie de la majorité présidentielle depuis 2002, avec 2 députés élus successivement à Aulnay, M. Abrioux et M. Gaudron.
S’en prendre à la faiblesse de la législation, c’est aussi demander des comptes à tous les députés dont ceux de l’UMP.

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Abdelkader Boualem | 25 octobre, 2007 à 16 h 52 min

Monsieur Boutet,
Pour convaincre, il ne suffit pas seulement d’affirmer de simples banalités d’opposition à la municipalité mais d’apporter des arguments et des éléments factuels. La réalité est que vous n’avez jamais été en mesure de développer un quelconque argument politique, juridique ou technique auquel la municipalité aurait dû avoir recours pour régler le problème de la dépollution du site… Vous savez, les riverains, également, ne sont pas dupes de la faiblesse de vos affirmations… Aussi, j’insiste et je réaffirme les limites législatives actuelles et je vous invite encore une fois à la lecture de ces ouvrages objectifs et non partisans.
Monsieur Burlot, quant à vous, vous avez tout à fait raison c’est de la responsabilité de nos députés toutefois avec une nuance : ce sont tous les députés de l’Assemblée Nationale toute obédience confondue qu’il faut pointer et cela depuis 1970 comme le démontre un rapport du Sénat sur l’amiante (Rapport d’information n° 37 (2005-2006) sur le drame de l’amiante en France de MM. Gérard DÉRIOT et Jean-Pierre GODEFROY, fait au nom de la mission commune d’information, déposé le 26 octobre 2005 accessible et téléchargeable sur le site du Sénat).

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monsieur boutet | 26 octobre, 2007 à 7 h 45 min

« des banalités d’opposition »que voila un jugement nuancé. Monsieur Boualem incarne la certitude des croisades et des buchers…
monsieur le député gaudron va surement proposé un projet de lois a la majoritée Ump de l’assemblé Nationale…

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Ce comptoir des matériaux est un iceberg de poison nécessitant un numéro vert pour en vérifier la profondeur… c’est effrayant. On pourra me rétorquer qu’il est facile de juger après coup, Mais on peut s’étonner que nos élus ,si friand de ‘Sécurité’ n’est pas placé ce dossier comme prioritaire dès la nocivité de l’amiante publiquement reconnue. Mais inutile de se chamailler le CMMP est toujours debout , comme un Tchernobyl ou un AZFAulnaysien. L’Urgence c’est bien de décontaminer ce lieu pour nos enfants.

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Isabelle Martinot | 26 octobre, 2007 à 13 h 27 min

Monsieur Boutet, De grâce, cessez vos commentaires stériles qui desservent l’opposition municipale. Vous êtes sans cesse dans la polémique et la recherche de la confrontation avec Monsieur Boualem qui a eu pour premier commentaire de féliciter ce blog pour ces informations sur l’amiante. Sympathisante de Ségolène Royal, je n’appartiens pas au bord politique de Monsieur Boualem. Pourtant à la lecture de tous ces commentaires, il en ressort une meilleure maîtrise du sujet par M. Boualem et surtout un animal politique qui joue de vous à chaque fois en vous décrédibilisant.

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Abdelkader Boualem | 27 octobre, 2007 à 12 h 22 min

Madame Martinot,
Votre sens de l’objectivité me touche… Pour autant, je vous invite à ménager M. Boutet pour lequel j’ai beaucoup de sympathie et vous dire que le qualificatif d’animal politique pour me désigner inapproprié.

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MONSIEUR BOUALEM’
votre finesse’ une certaine élégance d’esprit mon persuadé que vous ètes non seulement un démocrate un esprit libre mais aussi un honète homme…il ma fallu plusieur email pour le découvrir….
avec mes excuses daniel boutet

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Vous mélangez tout monsieur Boutet et c’est toujours facile de tirer sur ces adversaires en les affublant de tous les maux. Il faut avoir des arguments pour convaincre et je n’en vois aucun dans vos commentaires. La réalité est toute autre.
1. le pollueur est bien le CMMP et je crois bien que l’on connait le problème de l’amiante depuis le début des années 70. Pouvez-vous me dire qui à cette époque dirigeait la ville ? Est-ce que ceux-là n’ont pas droit à votre courroux ?
2. le classement de ce site fait qu’administrativement parlant, il dépend de l’autorité préfectorale et non de celle du maire, même s’il est sur sa commune.
3. le seul moyen légal pour le maire pour prendre la main sur ce dossier s’appelle « un arrêté de péril » qui se prend quand l’état des bâtiments fait craindre leur effondrement. Le maire l’a pris par 3 fois ces 10 dernières années. par trois fois le tribunal administratif a jugé abusif cet arrêté considérant que le bâtiment « tenait la route » que faut-il faire, ne pas respecter le jugement du tribunal ?
4. ce dossier ne traine pas pour des raisons d’inactions politiques mais pour des raisons judiciaires: 13 procédures en 11 ans. Qui lance ces procédures ? Pas la ville.
5. si ce dossier ne tenait qu’à la volonté politique que le maire n’aurait pas selon vous, alors pourquoi les interventions de messieurs Ségura et Amédro avec leurs conseils respectifs (généraux et régionaux) n’ont-ils pas résolu le problème ? Manquaient-ils aussi de volonté ou alors leur volonté ne peut-elle pas changer les procédures judiciaires ?
6. quand il s’est avéré que la toiture devenait un véritable danger, nous avons déplacé les enfants. Chaque fois que les associations ou les parents ont voulu des mesures d’amiante dans l’air alentour, nous l’avons fait et ils ont eu les résultats. Quelles responsabilités avons-nous fui ?
7. est-ce qu’on peut imaginer que parler de gens décédés et malades puisse se faire sans en faire un enjeu politicien ? Ça vous rapporte quoi de taper sur les autres ? Ça règle le problème ? Non.
De grâce n’utilisez pas ce problème pour faire de la politique et faites donc de réelles propositions capables de régler le problème. L’intérêt général est la seule chose qui compte, pas de vouloir « couper des têtes ».
Bien cordialement

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