Le chantier de démolition du CMMP (Comptoir des minéraux et matières premières) devait démarrer hier. Il n'en a rien été. L'Inspection du travail a en effet interdit à la société Coteba de poursuivre les travaux préparatoires engagés fin octobre dans la cour de l'usine et qui étaient destinés à mettre en place les bungalows du personnel de chantier.
"Les capteurs placés sur les ouvriers ont révélé des doses allant jusqu'à 45 fibres par litre d'air d'amiante chrysotile et crocidolite, souligne Gérard Voide, du collectif des riverains et victimes du CMMP. Les sondages dans le sol ont confirmé la présence d'amiante chrysotile", ajoute-t-il. Des taux très élevés qui font réagir Henri Pezerat, de l'association Ban Asbestos France : "C'est trop. Ce n'est pas acceptable, dit-il. 100 fibres par litre, c'est la valeur à ne jamais dépasser. Quand il n'y a pas de travaux, la valeur se situe entre 0 et 1 fibre par litre. En cas de travaux, c'est moins de 5 fibres par litre. Il aurait fallu prendre des précautions, ce qui n'a pas été fait."
Un rapport révélerait la présence d'amiante dans tous les bâtiments
Le 20 novembre, les associations ont saisi par lettre le Stiiic (service technique interdépartemental d'inspection des installations classées). "Nous maintenons que le projet (de déconstruction) Coteba, s'il est appliqué tel quel, n'offre aucune garantie de protection de l'environnement. Les mesures d'empoussièrement dans l'air autour du chantier n'arrêteront pas les poussières d'amiante", insistent-elles dans ce courrier dont copie a été envoyée au préfet de Seine-Saint-Denis, au maire d'Aulnay, à l'Inspection du travail, à la Ddass et à la caisse régionale d'assurance maladie. Elles soulignent la "nécessité que les opérations de désamiantage-déconstruction aient lieu avec un niveau de sécurité maximal pour l'ensemble des bâtiments du site (et non pour le seul bâtiment B)". En clair, elles réitèrent leur demande de "confinement complet et la dépression de chaque bâtiment comme préconisé par deux experts en 2004". Une exigence qui leur paraît d'autant plus légitime qu'un rapport non encore publié de la société Veritas révélerait la présence d'amiante dans tous les bâtiments de l'ancienne usine. Devant l'enlisement du dossier, le préfet, Jean-François Cordet, a décidé d'organiser une réunion le 1er décembre pour faire le point de la situation sur ce dossier particulièrement complexe.
Alain Martin




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Une Réponse à “Le Parisien: Les travaux à l’usine-poison suspendus jusqu’à nouvel ordre”
Bonjour.
Histoire de comprendre :
j’aimerai juste savoir à qui incombe la responsabilité de cet « usine à gaz » ?
DI.