
Déjà deux semaines de confinement au 5e étage de mon bâtiment de la cité des Étangs, à Aulnay-sous-Bois. Je ne prends plus l'ascenseur, des microbes peuvent y être confinés. Les escaliers me fournissent l'exercice qui manque en cette période de repli sur soi sanitaire. Je m'habille tous les matins comme si j'allais au travail : ça me permet de m'y mettre. D'ailleurs, mon lit est trop près de mon bureau, il ne respecte pas la distance de sécurité nécessaire pour une bonne concentration.
Le reste du temps, je joue un peu en ligne, sur le téléphone ou l'ordinateur fixe que je n'utilisais plus. Je redécouvre aussi les repas en famille, avec mon père et ma mère, confinés avec moi. Mon abonnement Netflix se rappelle à mon bon souvenir et je continue à échanger sur What's App avec les « Confiné.e.s », un groupe d'échange créé pour l'occasion avec d'ex-camarades de promo...
Mais celle-ci a débuté avec la publication de mon journal de confiné sur leparisien.fr. Dans la foulée, une grande station de radio publique me contacte pour une émission où l'on répond à des appels d'auditeurs. A l'autre bout du fil, mon interlocutrice veut savoir si j'ai assisté à des altercations entre forces de l'ordre et jeunes. Non. Je m'excuse presque...
La dame de la cité décédée a été enterrée en début de semaine. Seule une dizaine de personnes ont pu assister aux funérailles. Sans rituels religieux. De quoi souligner le caractère exceptionnel de la situation...
Ma sœur, infirmière à l'hôpital Bichat, m'informe que son service de cardiologie va recevoir des infectés du Covid-19. Alors, elle ne rendra plus visite à mes parents, qui vivent avec moi, de peur de les contaminer. Je lui souhaite du courage...
Confinement oblige, je me contente d'appeler Abdel, celui qui m'a fait découvrir le cours. Il n'a plus Internet : les câbles ont été rongés...
Des confinés qui vivent loin des centres, empilés dans des tours de béton. Le Confinement des Confinés. Ce n'est pas sans raison qu'une poignée de jeunes et de seniors bravent encore le confinement pour discuter sur la place du marché. Essentiel, le lien social est difficile à distendre...
Extrait d'un article du Parisien




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Une Réponse à “Tarik, sa vie de confiné aux Étangs”
Bonjour, j’ai lu les billets du journal de Tarik Laghdiri et ce qui apparaît d’emblée c’est qu’il a une écriture très intéressante, à la fois concise, précise et très évocatrice. Il est évident qu’un témoignage de cette qualité doit être poursuivi et publié.
Mes félicitations
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